Depuis la réforme de 2023, il n’existe plus un âge de départ à la retraite en France : il en existe un par génération. Cette page reprend, à la date du 1ᵉʳ septembre 2026, uniquement les règles que nous avons pu confronter aux sources publiques officielles — et signale explicitement celles que nous avons retirées faute de confirmation.
- Âge minimum : 62 ans et 9 mois → 64 ans selon la date de naissance (montée en charge par génération).
- Durée d’assurance pour le taux plein : de 167 à 172 trimestres (43 ans), les 172 trimestres s’appliquant dès la génération 1966.
- Taux plein automatique : 67 ans, sans condition de trimestres.
- Départ anticipé possible : carrière longue, handicap, incapacité permanente d’origine professionnelle, inaptitude, amiante.
- Demande : en ligne sur votre compte retraite, 5 mois avant la date de départ souhaitée, en une seule fois pour tous vos régimes.
Plan de l'article
- Comprendre le processus administratif du départ à la retraite
- Santé, couverture et budget : ce qui change au moment du départ
- L’impact de la réforme de 2023 sur le parcours des seniors
- Vie après la retraite : cumul emploi-retraite, retraite progressive et engagement
- Les droits des seniors face aux entreprises, jusqu’au départ
- Préparer sa retraite financièrement : ce qui est vérifiable
- Trois situations types, lues à la règle
- Questions fréquentes sur la retraite des seniors
Comprendre le processus administratif du départ à la retraite #
Le régime général est géré par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), relayée en région par les Carsat, tandis que la retraite complémentaire des salariés du privé relève de l’Agirc-Arrco. Le point d’entrée unique pour consulter sa carrière, estimer sa pension et déposer sa demande est le compte retraite du GIP Union Retraite, sur info-retraite.fr.
L’âge minimum de départ, année de naissance par année de naissance
| Vous êtes né | Âge minimum de départ | Trimestres pour le taux plein |
|---|---|---|
| Du 1ᵉʳ janvier 1958 au 31 décembre 1960 | 62 ans | 167 (41 ans 9 mois) |
| Du 1ᵉʳ janvier 1961 au 31 août 1961 | 62 ans | 168 (42 ans) |
| Du 1ᵉʳ septembre 1961 au 31 décembre 1961 | 62 ans et 3 mois | 169 (42 ans 3 mois) |
| En 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 (42 ans 3 mois) |
| Du 1ᵉʳ janvier 1963 au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 (42 ans 6 mois) |
| Du 1ᵉʳ avril 1965 au 31 décembre 1965 | 63 ans | 171 (42 ans 9 mois) |
| En 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 (43 ans) |
| En 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 (43 ans) |
| En 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 (43 ans) |
| À partir du 1ᵉʳ janvier 1969 | 64 ans | 172 (43 ans) |
Un point est souvent ignoré : pour les personnes nées à partir du 1ᵉʳ avril 1965, l’âge minimum de départ est abaissé d’un an si elles bénéficient d’au moins un trimestre de majoration de durée d’assurance en tant que parent (maternité, éducation, congé parental, enfant en situation de handicap).
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Le calendrier réel des démarches
- À partir de 55 ans : vous pouvez demander la correction de votre relevé de carrière s’il est incomplet ou inexact, depuis le service « Corriger ma carrière ».
- Avant toute décision : vérifiez votre relevé de carrière et estimez votre pension avec « Mon estimation retraite », qui couvre base et complémentaires.
- 5 mois avant la date de départ souhaitée : déposez votre demande en ligne avec le service « Demander ma retraite ». Une demande unique vaut pour l’ensemble de vos régimes.
- Date de départ : elle doit être fixée au 1ᵉʳ jour d’un mois et ne peut pas être antérieure à la demande.
- Employeur : prévenez-le en respectant un préavis dont la durée est identique à celle du préavis de licenciement (une lettre recommandée est conseillée).
- Ne démissionnez pas avant d’avoir la confirmation écrite de tous vos régimes, de base et complémentaires.
Santé, couverture et budget : ce qui change au moment du départ #
Le passage à la retraite s’accompagne d’une double bascule : l’espérance de vie après 65 ans reste longue, mais la complémentaire santé d’entreprise cesse avec le contrat de travail. C’est le point pratique le plus sous-estimé du départ : il faut anticiper le passage à un contrat individuel, dont les garanties et le tarif n’ont rien à voir avec le contrat collectif que finançait l’employeur.
Côté durée de vie, les dernières données de l’Insee (estimations 2025) donnent une espérance de vie à la naissance de 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. À 65 ans, l’espérance de vie résiduelle est de 23,6 ans pour les femmes et 20,0 ans pour les hommes. Autrement dit, la retraite se planifie désormais sur deux décennies, pas sur quelques années.
L’impact de la réforme de 2023 sur le parcours des seniors #
La réforme n’a pas déplacé un curseur unique : elle a installé une montée en charge par génération, visible dans le tableau ci-dessus. C’est ce qui rend caduque toute phrase du type « on part désormais à 64 ans » : c’est vrai à partir de la génération née le 1ᵉʳ janvier 1969, et faux pour toutes celles qui précèdent.
Taux plein, décote, surcote : les trois mécanismes qui font le montant
Deux repères de cadrage, également vérifiés : la pension de base versée par l’Assurance retraite ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 2 002,50 € brut par mois pour un départ en 2026 (la surcote peut faire dépasser ce plafond) ; et les pensions sont revalorisées au 1ᵉʳ janvier de chaque année, en fonction de l’évolution moyenne des prix à la consommation hors tabac.
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Les portes de sortie avant l’âge minimum
Vie après la retraite : cumul emploi-retraite, retraite progressive et engagement #
La cessation d’activité n’est plus un interrupteur. Deux dispositifs encadrés permettent d’échelonner la sortie, et ce sont les seuls dont les conditions sont publiques et vérifiables.
La retraite progressive
- Avoir au moins 60 ans.
- Justifier de 150 trimestres d’assurance et de périodes reconnues équivalentes, auprès d’une ou plusieurs caisses de base.
- Exercer une activité à temps partiel ou à temps réduit comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet.
- Vous continuez de cotiser pendant cette période, avec la possibilité de surcotiser sur la base d’un temps plein ; la pension définitive est recalculée à la cessation totale d’activité.
Le cumul emploi-retraite
Reprendre ou poursuivre une activité après la liquidation est possible. Le cumul est intégral — pension et revenu d’activité sans plafond — si vous avez liquidé l’ensemble de vos pensions de base et complémentaires, françaises et étrangères, et si vous bénéficiez d’une retraite de base à taux plein (entre 62 et 67 ans avec le nombre de trimestres exigé, ou à 67 ans et plus quel que soit ce nombre). À défaut, le cumul reste possible mais soumis à un plafond de revenus.
Au-delà du travail rémunéré, le bénévolat associatif, le mentorat et la transmission de compétences occupent une place réelle dans les parcours de fin de carrière. Nous avons en revanche retiré de cette page les volumes chiffrés de bénévoles seniors, de créations d’entreprise après 60 ans et les noms de programmes que nous n’avons pas pu vérifier : mieux vaut une page honnête qu’un décompte inventé. Pour prolonger la lecture côté projets et évasion, vous pouvez parcourir nos idées de circuits et de séjours.
Les droits des seniors face aux entreprises, jusqu’au départ #
Le socle est simple et il est légal, pas conventionnel : l’âge figure explicitement parmi les critères de discrimination prohibés par l’article L1132-1 du Code du travail. Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire en raison de son âge, y compris en matière de formation, de promotion et de rémunération.
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Sur le départ lui-même, deux droits sont chiffrés par le Code du travail et régulièrement ignorés :
| Ancienneté dans l’entreprise | Indemnité minimale de départ volontaire à la retraite |
|---|---|
| Moins de 10 ans | Aucune indemnité légale |
| De 10 à moins de 15 ans | ½ mois de salaire |
| De 15 à moins de 20 ans | 1 mois de salaire |
| De 20 à moins de 30 ans | 1 mois et demi de salaire |
| Au moins 30 ans | 2 mois de salaire |
Le salaire de référence retenu est, au choix le plus favorable, le douzième de la rémunération brute des 12 derniers mois ou le tiers de celle des 3 derniers mois. Second point : le préavis à respecter en cas de départ volontaire à la retraite a la même durée que le préavis applicable en cas de licenciement. En cas de rupture non volontaire en fin de carrière, l’employeur remet l’attestation destinée à France Travail (anciennement Pôle emploi), qui ouvre l’accès à l’indemnisation chômage.
Préparer sa retraite financièrement : ce qui est vérifiable #
Le plan d’épargne retraite (PER) existe sous trois formes : PER individuel, PER d’entreprise collectif et PER d’entreprise obligatoire. L’épargne y est en principe bloquée jusqu’à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé limitativement énumérés : décès du conjoint ou partenaire de Pacs, invalidité, surendettement, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire pour un indépendant, et acquisition de la résidence principale. La fiscalité à la sortie dépend du fait que les versements ont été déduits ou non du revenu imposable, et du choix entre capital et rente.
Deux autres leviers existent et méritent d’être examinés avec un conseiller plutôt qu’avec un article : le rachat de trimestres (années d’études supérieures, années incomplètes), dont le coût dépend de l’âge, des revenus et de l’option choisie, et l’épargne longue classique. Nous ne publions aucun barème de rachat ni aucun rendement : ces valeurs changent chaque année et n’ont de sens qu’appliquées à un dossier réel.
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Le filet de sécurité : l’Aspa
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) est accessible à partir de 65 ans en règle générale — plus tôt dans certaines situations (inaptitude, ancien combattant, retraite anticipée). Elle est versée par votre caisse de retraite (Carsat, MSA…), et non par un organisme distinct. En 2026, le montant maximal et le plafond de ressources s’établissent à 1 043,59 € par mois pour une personne seule et à 1 620,18 € par mois pour un couple. Source : Service Public, fiche Aspa, vérifiée le 23 juin 2026.
Trois situations types, lues à la règle #
Les témoignages nominatifs de la version précédente ont été retirés : ils citaient des personnes, des employeurs et des accords d’entreprise que nous n’avons pas pu vérifier, dont un opérateur ferroviaire qui n’existe plus sous ce nom depuis 2020. À la place, voici trois situations génériques, construites uniquement à partir des règles ci-dessus. Elles illustrent la mécanique ; elles ne valent pas diagnostic.
- Il n’y a plus un âge de départ, mais un âge par génération : toute phrase qui donne une valeur unique pour tout le monde est fausse par construction.
- 64 ans concerne les personnes nées à partir du 1ᵉʳ janvier 1969 ; la génération 1968 part à 63 ans et 9 mois.
- Les 172 trimestres s’appliquent dès la génération 1966, pas à partir de 1973.
- La demande se dépose 5 mois avant le départ, en une fois pour tous les régimes.
- Le seul chiffre qui vous concerne est celui de votre relevé de carrière : passez par info-retraite.fr ou le 39 60.




