SERP empoisonnées : pourquoi vos relevés de positions peuvent mentir depuis la mi-septembre

Depuis la mi-septembre, des milliers de courbes de positions font le yo-yo sans qu’aucune mise à jour d’algorithme ne soit en cause. En clair : votre site n’a peut-être pas bougé d’un millimètre, mais votre outil de suivi, lui, a vu des résultats qui n’existent pas. C’est le phénomène des « SERP empoisonnées », documenté par l’outil de rank tracking Nozzle et largement relayé par la presse spécialisée. Pour tout éditeur de blog ou responsable marketing qui pilote sa visibilité aux positions Google, c’est une petite révolution dans la façon de lire ses tableaux de bord.

Ce que montre l’étude Nozzle #

L’étude, publiée le 10 octobre et détaillée par Abondance, repose sur un volume considérable : 27,5 millions de pages de résultats collectées depuis le 13 septembre dans 49 pays, sur ordinateur comme sur mobile, dont 17,8 millions ont pu être analysées.

Le constat est net. Sur la période étudiée, 8 % des pages de résultats relevées étaient « empoisonnées », contre 0,17 % lors de la période de référence qui courait du 20 août au 9 septembre. Une SERP est considérée comme empoisonnée quand moins de la moitié des sites habituels du top 10 y figurent, et que ces mêmes sites réapparaissent ensuite comme si de rien n’était.

À lire Faux plafond à Paris : Guide complet pour sublimer et optimiser vos espaces

La chronologie permet de dater le basculement. À partir du 13 septembre, les requêtes automatisées vers Google échouent en masse pendant environ deux semaines. Le 20 septembre, les premières pages faussées apparaissent parmi les requêtes qui aboutissent. Le pic est atteint entre le 27 et le 29 septembre, avec près d’un quart des relevés touchés, avant que le taux quotidien ne se stabilise entre 5 et 11 % depuis début octobre.

Des résultats organiques méconnaissables

Dans une page empoisonnée, les résultats naturels ne conservent que 20,7 % des sites habituels, contre 88,5 % en temps normal. Conséquence directe pour qui suit ses mots-clés : un site surveillé disparaît du top 10 dans 58,6 % des SERP empoisonnées, contre 2,7 % en période de référence. De quoi déclencher des alertes en cascade dans tous les outils de reporting, pour des chutes qui n’ont jamais eu lieu aux yeux des internautes.

Bonne nouvelle tout de même : le phénomène est bref. Dans près de 78 % des cas, la page de résultats revient à la normale en moins de trois jours, avec une médiane de deux jours. La France fait par ailleurs partie des pays les moins touchés, avec un taux compris entre 3,4 et 4,3 %, loin derrière l’Australie ou le Canada qui dépassent les 10 %.

Une riposte de Google contre le scraping #

Pourquoi Google servirait-il de faux résultats ? L’hypothèse avancée par Nozzle, reprise par Search Engine Journal, est celle d’une riposte contre la collecte automatisée de ses pages, dopée ces derniers mois par les besoins des intelligences artificielles qui « s’ancrent » sur les résultats de recherche. Le fondateur de Nozzle, Derek Perkins, décrit trois mesures conjuguées : un blocage massif d’adresses IP visant notamment les réseaux de proxys résidentiels, une forte hausse des captchas, et l’injection de fausses données dans les pages servies aux requêtes jugées suspectes.

À lire Heure bleue : Secrets et inspirations pour sublimer vos clichés

Cette dernière arme est la plus insidieuse. Une requête refusée pousse simplement le robot à réessayer ; une page empoisonnée, elle, est enregistrée comme un relevé valide. Le faux positif entre alors dans vos historiques sans laisser de trace visible. Google, de son côté, n’a fait aucune déclaration officielle confirmant ou infirmant cette lecture.

Les éditeurs d’outils en ordre dispersé

Plusieurs éditeurs de solutions de suivi ont publié des avertissements à leurs clients ces derniers jours, d’autres assurent ne pas être concernés, et certains semblent confondre ces anomalies avec des incidents antérieurs. Le point commun, souligné dans l’analyse d’Abondance, c’est qu’aucun outil ne détecte aujourd’hui de façon fiable une donnée injectée : contrairement à une requête bloquée, elle ressemble à s’y méprendre à un relevé authentique.

Comment lire vos courbes sans paniquer #

Pour un blogueur ou une petite équipe marketing, la leçon pratique tient en quelques réflexes. D’abord, ne jamais conclure sur une chute d’un seul jour : comparez la position à l’historique du mot-clé sur plusieurs semaines, pas seulement à la veille. Comme le résume le consultant Rémy Blanchard, cité dans le dossier, une chute d’un jour dans un reporting ne constitue pas un diagnostic.

Ensuite, laissez passer quelques jours avant toute action corrective, puisque l’immense majorité des épisodes se résorbe d’elle-même sous trois jours. Enfin et surtout, croisez systématiquement avec la Search Console : si vos impressions et vos clics se maintiennent sur la période, votre site n’a rien perdu, quelles que soient les positions affichées par votre outil tiers.

À lire Montée en compétences : stratégies innovantes pour développer l’agilité des collaborateurs

Ce croisement a toutefois ses limites, et c’est le paradoxe du moment : la Search Console ne fournit toujours aucune donnée de clics ni de requêtes pour les réponses générées par l’IA de Google. Les professionnels restent donc dépendants d’outils tiers… précisément ceux que Google semble vouloir brouiller. En attendant une éventuelle clarification de Mountain View, la prudence dans la lecture des reportings redevient une compétence à part entière.

CenterBlog est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Actualités

Nos recommandations : création de site internet pas cher | développeur full-stack freelance